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Christianisme - Page 104

  • Faut-il abolir la théologie ?

    51512555-tete-de-pythagore - Copie.jpgCette réflexion m'est venue après lecture de deux livres du Père jésuite Joseph Moingt, j'ai  nommé "Croire quand même "  et "L'esprit du christianisme".

    "Croire quand même " consiste en une série d'entretiens dans lesquels le Père Moingt livre le fonid de sa pensée sur la foi et sur l'égllise catholique. Le titre est en soi une réponse, le Père Moingt nous invite à continuer dans la foi en dépit des insuffisances de l'institutioin ecclésiale et de l'archaïsme des concepts et dogmes qu'elle transmet.

    C'est du moins ce que j'avais cru comprendre en lisant " Croire quand même " et j'espérais trouver des raisons de le faire en lisant " L'esprit du christianisme"

    Je ne les ai pas trouvées car le Père Moingt en bon jésuite évacue toutes les questions qui fâchent, j'ai nommé la rationalité des concepts et la vérité historique. Il ne remet rien en cause des dogmes incompréhensibles. Il propose simplement un grand élan libérateur et humaniste centré sur Jésus Fils de l'Homme. 

    Tout ça pour ça est on tenté de conclure si l'on réussit à terminer la lecture de l'ouvrage. Tout ça pour ça, mais dans ce cas ne vaut-il pas mieux militer à la CGT ou aux restos du coeur sans plus parler de Dieu et de religion ?

    L'agilité intellectuelle du Père Moingt ne parvient pas à rendre communicable une doctrine devenue incommunicable. Si donc il faut croire quand même, ce n'est pas en essayant de justifier des textes et un discours archaïque, mais en fondant la foi sur d'autres bases que celles héritées de la réthorique  gréco romaine et du messianisme juif.

    Faut-il alors abolir la théologie ?

    Impossible car la question de Dieu est au coeur de l'expérience humaine, elle est théologique par nature et également sans réponse par nature, car nier Dieu c'est déjà le faire exister. La physique quantique est passée par là, Dieu est une probabilité qui bouleverse la théologie. Nous en reparlerons.

     

     

  • Le christianisme comme religion de la sortie de la religion ?

    3271368841.jpgLa déliquescence de l'institution romaine et le déclin du christianisme en Europe ont amené  certains intellectuels comme François Mattei ou Marcel Gauchet à spéculer sur la fin du christianisme, voir l'ouvrages intitulé " Le christianisme comme religion de la sortie de la religion ".

    Dans son dernier livre " l'esprit du christianisme", le Père jésuite Joseph Moingt effleure la même idée, sans la développer ouvertement cependant.

    " Le christianisme comme religion de la sortie de la religion ?" 

    Le point d'interrogation s'impose car le christianisme est loin de disparaitre en tant que religion. Le croire  manifeste une pensée étroitement européo centrée qui fait illusion.

    Le christianisme est en effet une religion très vivante et en progrès, mais hors d'Europe.

    Certes  en Europe les églises sont vides et le chritianisme  y devient un simple humanisme. mais hors d'Europe il progresse partout du simple fait de la croissance démographique en Afrique et en Asie. Cette réalité biologique nourrit un christianisme populaire qui rend nécessaire des structures ecclésiales, qu'il s'agisse du catholicisme comme des églises protestantes. Ces dernières sont particulièrement conquérantes dans leur version évangélique.

    On ne saurait en dire de même de l'église catholique mais, n'en déplaise aux prêcheurs de l'Apocalypse, la fin de Rome n'est  pas pour demain. Au contraire la crise qui s'aggrave au Vatican rend   une mutation de l'institution  inévitable. C'est le prix à payer pour qu'elle s'adapte  à un monde global et justifie son nom  de catholique qui signifie universel.

    Il reste que l'avenir du christianisme est une vraie question au plan du contenu de la foi.

    Pour ma part j'incline à penser que l'on peut vivre de la foi de Jésus et de St François d'Assise en dehors de toute formulation dogmatique mais dans une attitude d'amour et de respect de la création fondée sur la certitude que la réalité a un sens.  Avoir la foi c'est reconnaitre un sens au réel qui nous échappe, et œuvrer en esprit et en vérité au service de l'oeuvre créatrice.

    On peut même avoir la foi en une réalité transcendantale en dehors de toute religion, mais on ne peut se passer de la communauté humaine pour donner sens à cette foi. Les ermites eux-mêmes sont en relation avec  la communauté humaine par leur prière et leur contemplation, et  le plus souvent, ils sont soutenus matériellement par une communajuté spirituelle.

    Le christianisme n'est donc pas la religion de la sortie de la religion, car celle-ci est un phénomène naturel consubstantiel à la nature humaine, mais, en tant que fondement de l'humanisme, le christianisme peut être le catalyseur de l'évolution culturelle des religions du monde, tout en s'enrichissant d'elles et du progrès des connaissances scientifiques.

    Il  n'est plus possible en effet aux chrétiens d'ignorer l'apport du boudhisme à la compréhension des phénomènes mystiques, ou celui des recherches en matière d'études des états de conscience modifiée. Etre religieux c'est aussi comprendre ce qui relie l'en-deçà  à  l'Au-delà, en oubliant les dogmes hérités des cultures antiques et devenus incompréhensibles aux contemporains. En ce sens, mais en ce sens seulement, le christianisme peut aider à sortir de la religion;  ce que  firent toujours les mystiques à la pointe de l'âme, comme le font les scientifiques  qui explorent au niveau quantique  les limites d'un réel illusoire, maya comme disent les boudhistes.

     

  • Les enfants du Verseau, l'Eglise et la crise des religions.

    images.pngSur le sujet deux ouvrages catholiques de référence:

    Le nouvel âge à l 'aube de l'ère du Verseau du Père Jean Vernette Ed Pierre Tequi 1990

    Cet ouvrage présente le mouvement spirituel né en Californie  dans les années 70 . Selon ses promoteurs, sous le signe du Verseau, un nouveau millénaire de bonheur et de spiritualité attendait l'humanité au-delà des vieilles religions. Nous étions à la veille de l'an 2000.

    L'esprit du christianisme  publié par Temps Présent en 2018 , est le dernier ouvrage du Père jésuite Joseph Moingt écrit à 103 ans !!

    Avec un recul d'un demi siècle, le Père Joseph Moingt,  loin des  illusions  conciliaires optimistes  des  années 70, met en lumière la profondeur de la crise de l'Eglise et de la spiritualité chrétienne  ( et pas seulement elle) dans un monde désenchanté. Il faut avoir la foi pour lire son livre jusqu'au bout.

    Avec le recul du temps on peut considérer qu'aujourd'hui les enfants du Verseau sont tous les déçus de la modernité. Ce sont  aussi  bien les hippies  des années 70 devenus papies que les Mao spontex de Mai 68 désabusés de la gauche, ou encore les derniers militants catholiques des années 60 qui crurent aux espoirs du Concile Vatican II. Tous  ont en commun de vivre leurs désillusions  dans un monde sans repères, sans espoir et sans perspectives.

    Le Père Vernette analysait les espoirs  spirituels des années 70, tandis qu'au contraire  le  Père Joseph Moingt  dresse un tableau clinique  de l'effondrement de l'institution écclesiale et de l'effacement des religions dans un monde sécularisé.  A noter que selon lui le retour des intégrismes est un phénomène résiduel qui ne serait que le dernier souffle des religions agonisantes.

    Une  certitude cependant, l'ère du Verseau est bien conforme à son signe zodiacal, elle est un signe d'eau, de fluidité, et d'inconsistance mouvante. Son aspect positif est qu' elle constitue un temps de changemen et de remise en cause qui peut amener le renouvellement et un monde meilleur. 

    A condition précisément d'y croire, de garder la foi et surtout de savoir surfer sur la vague qui nous emporte. Pas facile de mettre ça en théologie dirait sans doute le Père Joseph Moingt qui, à 103 ans vient de démontrer les capacités extraordinaires du cerveau humain transitoire à penser l'Eternel à travers nos concepts relatifs.