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Agenda - Page 4

  • L'économie de guerre et le dollar.

    51512555-tete-de-pythagore - Copie.jpgL'histoire du 20è  siècle nous apprend que la grande crise du capitalisme libéral de 1929 a trouvé sa solution dans la la seconde guerre mondiale, lorsque l'Amérique appliqua  la théorie keynésienne de création illimitée  de monnaie  d'abord à un plan systématique de production d'armements puis,  après la guerre, à la reconstruction de l'Europe ( plan Marshall ) Les  disciplines et les contraintes de l'économie de guerre  furent redirigées vers la consommation et cela donna les  "trente glorieuses" mais aussi l'hégémonie du dollar. L'Amérique était devenu l'atelier du monde mais surtout son banquier lorsqu'elle remplaça l'étalon or par le dollar en 1944 avec les accords de Bretton Woods.

    Aujourd'hui la même logique keynésienne associée à une  guerre  permet à l'Amérique  d'annoncer un programme de 750 milliards de dollars pour l'Ukraine. L'Amérique peut se le permettre car plus le dollar n'est que papier et assignat, plus il est hégémonique. Quant à la dette américaine elle n'est qu'une fiction puisqu'un simple vote du Congrès permet à l'Amérique de rehausser le plafond de sa dette pour continuer d'inonder le monde de dollars assignats. Autant dire que ce dollar  hors sol permet   de financer tout et n'importe quoi, mais surtout  le maintien de l'hégémonie américaine.

    C'est cet ordre-là que   les Brics  (Brésil, Russie, Inde et Chine) souhaitent remettre en cause. Hasard ou pas, la guerre voulue par Poutine  en Ukraine leur en donne l'occasion.

     Face au dollar étalon et à la mondialisation libérale, inflationniste et facteur d'inégalités grandissantes la guerre  en Ukraine tend à diviser le monde en deux camps. Celui du dollar et celui des nations qui refusent le mondialisme dollarisé. Et de fait déjà  la Russie a imposé le rouble pour les paiements de son gaz. En face le camp otanien financé par le dollar place l'UE devant un choix stratégique, à savoir soit qu'elle accepte la dollarisation otanienne et dans ce cas pourquoi garder l'euro? Soit  elle se veut autonome, maintient l'euro et rejoint les BRICS  mais en perdant sa composante atlantiste.

    La question de l'adaptation de l'UE et de l'euro à la mise en place d'une économie de guerre est posée. Sera-t-elle conduite par Bruxelles ou par les nations  d'Europe de l'ouest?  Qui décidera souverainement des rationnements et des  financements ? La BCE  appliquant une  politique de guerre mise en place par l'UE  ?  Ou bien les Banques centrales européennes ? Tout est possible, mais a priori l'inexistence politique de l'UE semble  appeler le retour des Etats Nations et sa division en deux camps, à savoir celui des nations  otaniennes qui suivront Washington et le dollar assignat, et celui de nations européennes autonomes. Celles-ci auraient vocation à rejoindre les Brics et à  se rapprocher de la Russie dans le cadre  d'un nouvel ordre mondial financé par  des monnaies nationales, plus ou moins convertibles et flexibles selon les environnements et les conditions géopolitiques locales.

    L'économie de guerre  oblige l'UE à se redéfinir dans la douleur.

    C'est bien là le dilemme d'Emmanuel Macron  l'Européen et l'Atlantiste. Au contraire les programmes économiques de  Jean-Luc Mélenchon et  Marine Le Pen  ne peuvent être appliqués que dans la mise en place d'une économie de guerre au plan national mais ils sont  incompatibles  avec le libéralisme de Bruxelles et la soumission à l'Amérique. Si  la guerre dure et s'étend à d'autres parties du monde ils auront de l'avenir car l'économie de guerre s'imposera  de manière incontournable.  Ce sera l'heure de vérité de l'UE : soit elle émergera renforcée  en tant que puissance économique et militaire souveraine financée par  l'euro, soit elle se fracturera et retournera  à ses nations dont les unes  s'inscriront  dans un espace euro atlantique dirigé par l'Oncle Sam et financé en dollars assignat, tandis que d'autres dont la France sans doute, rejoindront les Brics  dans un nouvel ordre mondial concurrent et dédollarisé.

     

     

     

     

  • Ukraine : quand l'Otan prend ses désirs pour la réalité.

    NATO0001.gifEn Ukraine, l'Otan pratique le "wishful thinking", en bon anglais (pas le jargon parlé dans l'alliance) cela signifie prendre ses désirs pour la réalité.

    Poutine, Zélensky  et l'Otan, tous prennent leurs désirs pour la réalité.

    Le premier en ayant cru qu'il serait accueilli comme un libérateur en Ukraine, le second en croyant que ses numéros d'acteur héroïque prévaudraient sur les froids calculs américains. L'Otan enfin qui vient d'annoncer un plan Marshall pour la reconstruction de l'Ukraine.

    Certes  le dollar assignat ne coûte pas cher (même si il faudra bien parler d'argent un jour) mais  pour l'heure le problème n'est pas là , il est dans l'illusion otanienne de revivre un jour une situation semblable à celle de 1945.

    Cela revient à supposer une victoire totale sur la Russie avec traité de paix sans comprendre que l'Ukraine est vouée à devenir une nouvelle Syrie. .Rappelez-vous Fabius et Juppé nous annonçant que Bacha el Assad allait tomber dans trois semaines...

    Même illusion en Ukraine où ni Zélensky, ni l'Otan ne voient que  la situation évolue   vers une  paix armée par épuisement des combattants avec gel des positions sur le terrain.  Dans un telle situation de pourrissement sans paix réel,  avec de temps en temps des missiles qui volent et des accrochages au sol, il sera impossible de reconstruire l'Ukraine tout comme il est impossible de reconstruire le Moyen Orient.

    Faute de paix  ce dernier survit dans les ruines, ce sera le cas de l'Ukraine si  Zélensky et l'Otan refusent une négociation de fond avec la Russie acceptant  que la  Crimée et le Donbass soient mis au compte des pertes et profits.

  • Plus d'Europe par plus d'Otan ?

    imagesJBU115OI.jpg Le renforcement de l'Otan  est un plus pour l'UE mais c'est aussi une interrogation sur son avenir.

    Pour la première fois une force militaire européenne redoutable va voir le jour pour assurer la sécurité du continent sur son flanc est face à une Russie imprévisible. Mais ce renforcement de l'Otan  n'est il pas contre productif pour l'UE ?

    Il pose  en effet la question de l'autonomie stratégique du continent. Face à l'inexistence politique, militaire et diplomatique de l'UE les nations d'Europe de l'ouest associées dans l'Otan vont enfin constituer une force redoutable.

    Dans l'immédiat cette force sous houlette américaine est indispensable face à  l'agression russe, mais sera-t-elle ou non  définitivement incluse  dans la stratégie globale des Etats-Unis  ? Ou existera-t-il encore un espace pour faire entendre la différence politique et diplomatique des nations de l'ouest européen ?

    Cela dépendra en fait de l'attitude de Poutine. Son mépris des Européens et son obsession à se croire l'égal de l'Amérique, le rendent aveugle au fait  qu'une nouvelle guerre mondiale  (chaude ou froide)  réduit la Russie à n'être elle même qu'un avant poste chinois. 

    Plus que jamais la balle est dans le camp russe en espérant pour l'Europe que la Russie se souviendra qu'elle a ses racines et son avenir en Europe.