
Il s'appelait Boualem comme Boualem Sansal, et comme lui il avait choisi la France, j'ai nommé le Bachaga Boualem, combattant harki et écrivain lui aussi, auteur des ouvrages "Les harkis au service de la France" et " Mon pays la France".
Par le sang versé et par la culture choisie Boualem est désormais un nom français, aussi français que le nom gaulois qui est le mien. Cela vaut bien un hommage et une note consacrée au passé et encore plus à l'avenir. Car si l'Algérie française est morte, la France musulmane des Boualem est invaincue, en France comme en Algérie, et elle est notre avenir commun.
La France musulmane s'était exprimée très fort par référendum dès 1956 mais elle ne fut pas entendue. Et pourtant sur le terrain c'est elle qui gagna la guerre d'Algérie grâce aux harkis associés à nos meilleures forces et aussi, ne l'oublions pas, suite à une vigoureuse action sociale dans le bled.
Et de fait sur le terrain la guerre fut perdue par le FLN et les intellos parisiens traîtres à la France. Le FLN ne paradait que derrière la frontière en Tunisie. Il n'arracha les accords d'Evian qu'avec le soutien de la subversion internationale de l'époque et l'incapacité de la France à mobiliser sa part musulmane qui ne demandait qu'à l'être.
De Gaulle était prêt à le faire mais le racisme ambiant ne lui permit pas la création d'une armée d'auto défense musulmane encadrée par nos meilleurs guerriers et qui aurait relevé le contingent. De Gaulle eut peur de la démographie musulmane et il craignit que Colombey les deux églises ne devint Colombey les deux mosquées si l' Algérie restait française. Pour la seule et unique fois de sa vie il eut peur et commit une erreur historique en signant les accords d'Evian.
Mais l'histoire n'est pas la politique et elle est en train de rendre justice à la France musulmane. A Paris comme à Alger l'imposture est démasquée. A Paris Mélenchon reste le dernier traître de La France Ignoble mais il ne trompe plus personne. L'autre bonne nouvelle c'est qu' à Alger la jeunesse musulmane, éduquée et lucide, ne prend plus au sérieux les radotages des derniers fellouzes. Elle est algérienne, musulmane, berbère autant qu' arabe, et elle refuse l'imposture historique, elle voit la France comme elle est, sans oublier le pire mais en espérant le meilleur.
Dans l'intérêt commun de la France et de l'Algérie l'heure est donc venue d'abolir les accords d'Evian, condition nécessaire d'une relation réaliste de la France avec sa part musulmane. Celle-ci s'étend bien au-delà des bleds de Kabylie ou des quartiers nord de Marseille, bien au-delà de l'Algérie. De Tanger à Beyrouth et même à Ryad elle est présente partout où des forces spirituelles et humaines se mobilisent au service de la paix et du développement humain. Une certaine idée de la France défendue par les Harkis avec la bénédictin d'Allah.
Merci les Boualem d'hier et d'aujourd'hui de le rappeler à monsieur Dupont qui trop souvent a la mémoire courte.

