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Christianisme - Page 4

  • Jésus-Christ pour les nuls.

     

     

     

     

     

     

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    La note précédente était consacrée aux miracles et autres prodiges, catholiques ou non, mais tous dûment attestés par la science moderne. S'gissant des faits extraordinaires rapportés dans le passé ils furent exclus de tout jugement faute d'information fiable.

    De la même manière cette note présente Jésus Christ hors références canoniques ou théologiques dûment validées mais dans l'esprit d'une pensée libre, moderne et optimiste. 

     C'est une bonne nouvelle en effet que de vous présenter ce  Jésus qui fut un homme comme vous et moi mais qui incarna si bien le Logos christique, la parole de Dieu.

     En cela Jésus  appartient donc à toute l'humanité et son Eglise n'est donc ni définissable ni limitée aux seules institutions qui s'en réclament. A  noter que nous avons ici un raisonnement théologique apophatique, au-delà des dogmes et de toute prétention à la description de Dieu. 

    Le Père Teilhard de Chardin s'y risqua cependant et il essaya d'expliquer le Christ dans le cadre du catholicisme romain et il réduisit la notion de Christ à la seule personne de Jésus et de son mystère. Il ne pouvait faire autrement en termes de théologie cataphatique, celle qui ose définir les attributs de Dieu et fonde les religions et leurs institutions.

    Mais pour qui  se situe dans la perspective d'une théologie apophatique (le cas de ce blog),  le Christ ne se réduit pas  à Jésus simple homme qui vécut et mourut il y a 2000 ans.  Jésus Christ n'est que le concept qui permet de donner sens à la fondation  de l'Eglise historique. Mais en réalité, au plan mystique, le Christ est la présence universelle de Dieu à la pointe de  l'âme individuelle et au coeur de l'Evolution comme le pensait le Père Teilhard de Chardin.

    Après toutes ces précautions laissez moi vous  présenter le Jésus-Christ historique, vrai homme,  vrai Dieu; ce qui bien sûr est scandaleux pour la pensée rationnelle.

    L'homme Jésus est devenu Christ par la volonté de César qui se lassait des querelles entre chrétiens. Ceux-ci étaient incapables de dire qui était Jésus. Prophète ? Messie d'Israël ? Et pourquoi pas Fils de Dieu ? Car à l'époque on avait l'habitude de diviniser les personnages extraordinaires, comme Alexandre le Grand par exemple. L'empereur romain décida donc que Jésus était vrai homme et vrai Dieu afin  de contenter tout le monde comme il est usuel en politique.

    L'affirmation que Jésus est vrai Dieu est d'abord un scandale pour les juifs et les musulmans. 

    A leur intention qu'ils sachent que la théologie cataphatique le permet car elle repose sur les mots et les symboles comme sur le papier qui ne refuse pas l'encre. Le symbole de Nicée est un symbolisme vivant qui repose sur l'acte de foi et l'adhésion  de la conscience individuelle, mais il ne dit rien de la nature de Dieu et n'est donc pas scandaleux pour les croyants.

    A travers le symbole de Nicée, le christianisme associe l'homme à Dieu dans la conscience à travers le Verbe ( le mot)  qui donne du sens. C'est ce que rappelle l'évangile initiatique de Saint Jean  " Au début était le Verbe"  C'est  l'acte de foi qui donne du sens au mot surtout lorsque plus rien n'a de sens. Ce fut le cas de Jésus sur la croix juste avant de mourir. C'est le moment suprême où il démontre sa nature pleinement humaine par son cri de désespoir, lorsqu'il s'écrie avant de mourir : " Père pourquoi m'as tu abandonné ?" il  meurt en pensant qu'il a tout raté parce qu'il croyait en sa mission de réformateur d' Israël.

    Or c'est là justement, par ce doute final que Jésus dit ce qu'est Dieu, c'est à dire la question irrésolue par la raison dont la seule réponse est l'acte de foi. Ainsi est il  le premier des Fils de Dieu que nous sommes tous.

    Le christianisme est la religion de tous les doutes compensés par la foi dans le sens du Vivant. La raison éclaire mais elle ne donne pas le sens. Cela s'applique particulièrement au  mystère de la Résurrection que l'explication rationnelle n'épuise pas. Ce  sera le thème de la prochaine note " La Résurrection pour les nuls"

  • Les miracles catholiques et les autres.

     

     

     

     

     

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    Source Emission "En quête d'Esprit" sur C  news  3 mai 2026. Les miracles eucharistiques.

     

    La lecture catholique des phénomènes paranormaux est un outil de qualité dans l'approche des phénomènes non expliqués. L'église catholique a le mérite de proposer  une approche balisée de faits dûment attestés, du moins s'agissant des miracles modernes étudiés par la science.

    Il n'en est pas de même bien sûr des miracles rapportés par les traditions religieuses comme par exemple l'ascension de Jésus au ciel, que nous fêtons ce jour, qui inspira sans doute celle de Mahomet sur sa  mule. Mieux vaut croire à ces histoires pour complaire aux théologiens mais sans prétendre expliquer quoi que ce soit faute d'information scientifique.

    Heureusement  de nos jours et s'agissant du catholicisme, la rigueur scientifique moderne permet de crédibiliser des faits échappant à toute explication rationnelle, j'ai nommé les apparitions mariales et les miracle eucharistiques. Au contraire, s'agissant de l'islam et du judaïsme le chapitre " miracles" renvoie aux temps anciens; ce qui ne veut pas dire cependant que ces religions ignorent les miracles de nos jours.

    Des faits non expliqués sont également rapportés concernant les ascètes de l' Inde ou de l'Himmalaya. Le catholicisme n'a pas le monopole des miracles donc mais il retient ceux qui corroborent son récit, en particulier les miracles eucharistiques.

    Ceux-ci confortent la lecture chrétienne de la foi, tout comme d'autres faits extraordinaires apportent de l'eau au moulin à prières bouddhiste, j'ai nommé les faits inexpliqués qui désignent des enfants comme prochains Dalaï Lamas. 

    Enfin  et peut-être surtout, il y a les faits inexpliqués concernant les Ovnis. Ceux-ci peuvent justifier un discours religieux sur les anges ou les démons aussi bien qu'un récit  scientiste et transhumaniste. C'est le cas s'agissant des phénomènes attestés de Fatima.  L'église catholique ne s'y est pas trompée d'ailleurs puisqu'elle n'oblige pas les catholiques à croire à la plupart des apparitions mariales.

    Une seuls chose est sûre, à savoir que nous allons tous mourir sans connaitre la suite de ces histoires mais nous serons tous d'accord pour penser que nous sommes concernés ici et maintenant par ce qui se passe au-delà de tout ce que nous pouvons penser ici et maintenant en fonction des théories de la science et des récits religieux.

    Peut-on alors réconcilier science et religion pour penser cet au-delà  ou Au-delà +?

     C'est ce que fit le Père Teilhard de Chardin. Pour lui le sens de l'Evolution humaine est la réalisation de l'humain en Jésus-Christ. Le Père Teilhard développa une théologie de l'espérance scientifique et non une preuve de la vérité selon le catholicisme. Son discours a toutefois le mérite d'associer  le Mystère de l'être et de la personne à celui de l'Evolution créatrice.

    Bien que non reçue à Rome sa  théologie se veut strictement catholique et romaine mais de ce fait elle est un peu réductrice parce qu'elle n'associe le Christ qu'à la seule personne du Jésus historique. Une théologie catholique dans le sens d'universel laisserait la porte ouverte à une conception  du Christ défini comme le lien entre conscience individuelle et collective, le pont entre Dieu et l'homme.. Une telle conception  ne ferait plus du Christ la seule "propriété" labellisée et reconnue de l'église catholique. Faut-il donc l'expliquer aux nuls ? Les évangélistes le font bien sans demander la permission à Rome, alors pourquoi pas un nul dans mon genre ?

    La prochaine note sera donc intitulée  "Jésus-Christ pour les nuls".

     

     

  • Théologie négative et catholique.

      

     

     

     

     

     

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          Ouvrages de référence

          "Dieu, la science et les preuves"  de Michel Yves Bollore et Olivier Bonassiers.

          "Dieu ? le philosophe et le rabbin" de Michel Onfray et Michel Azoulay.

           "Théologie négative et connaissance de Dieu  chez Maître Eckart " par Vladimir Lossky 1960 Librairie philosophique. Paris.

    Pour comprendre cette note, le lecteur doit savoir d'abord qu'il existe deux façons de faire de la théologie. La première est dite cataphatique parce qu'elle consiste à affirmer les attributs de Dieu,  la seconde est dite apophatique ou négative. Selon elle on ne peut rien dire de Dieu sinon qu'il est inconnaissable, donc au-delà de toute compréhension humaine et donc de tout dogme.  Cette théologie se réduit alors à la seule affirmation d'un mot innommable ( que l'on ne peut nommer ). Il n'y a de Dieu que Dieu ( et la suite n'est que littérature )

    Cette théologie est œcuménique par nature car elle renvoie à la conscience de chacun et non aux affirmations les plus diverses qui fondent les théologies cataphatiques. Pour la théologie  négative Dieu n'est qu'un mot cela va sans dire, mais pour la théologie cataphatique cela  va mieux en le disant. Faites votre choix.

    La théologie négative apophatique ne prétend ni nommer Dieu ni encore moins parler en son nom. Lorsqu'il s'écrie '" Il n'y a de Dieu que Dieu" Mahomet dit l'essentiel  mais au lieu d'en rester là en précisant que tout discours sur Dieu n'est que littérature, il fait lui même de la littérature en créant une religion. Et il le fait par dépit  d'avoir été rejeté par les juifs qui prétendaient déjà être les seuls à pouvoir parler au nom de Dieu. 

    Prétendre connaitre Dieu et le dire avec des mots créé les religions mais aussi les divisions et les guerres. Bref la théologie cataphatique est une théologie catastrophique, mais sans elle aucune religion ou institution religieuse ne peut se constituer. En effet la théologie apophatique ne se réduit pas au langage, elle est l'expérience mystique indicible de la pointe de l'âme.

    La théologie négative n'interdit pas cependant de réfléchir à la question de Dieu sur la base de la raison et de la science. Mais elle ne saurait conclure et cela d'auutant plus que la science elle même n'est souvent que prétexte à jeux de mots. C'est ce que démontrent pas exemple Michel Onfray et  Michel  Azoulay dans leur ouvrage commun "Dieu ?  Le philosophe et le rabbin". Ce livre est un bon divertissement intellectuel et visiblement les deux co auteurs se sont fait plaisir en l'écrivant, y compris au prix de quelques énormités comme lorsque Michel Onfray met en doute l'historicité de Jésus. Un livre plaisant, rien d'autre.

    Au contraire  le livre de Michel Yves Bolloré et Olivier Bonassiers est très sérieux et doit être lu absolument car il pose les bonnes questions sur la science.  Il ne prétend pas apporter la preuve de l'existence de Dieu, ni affirmer quelque dogme que ce soit et encore moins apporter la preuve mathématique de l'existence de Dieu, mais  il rassemble un  faisceau d'indices concordants qui  rendent Dieu nécessaire à l'origine de la question.

    A notre liberté humaine de trouver ensuite une réponse qui conduise vers Lui et qui soit catholique, c'est  à dire universelle. Sur ce  point  Michel Yves Bolloré et Olivier Bonassiers réduisent le sens de catholique ( qui signifie universel ) à l'église romaine; ce qui est un bon début.

    La théologie négative permet cependant d'élargir la notion de catholicité et elle est très utile au dialogue  œcuménique entre religions, à commencer par les monothéismes.

    En voici quelques exemples.

    Pour un chrétien l'Eucharistie est un symbolisme vivant et le fondement  de son rapport à Dieu à travers Jésus-Christ. Or ce rituel, cannibal pour certains, n'est qu'un pur acte de foi. En théologie négative il ne nous dit rien de la nature de Dieu. Cela devrait rassurer juifs et musulmans. 

    Sur le sujet de Dieu l'islam commence bien car Mahomet proclame qu'il n'y a de Dieu que Dieu, puis il se fourvoie dans la théologie cataphatique en prétendant énumérer les attributs de Dieu. Heureusement la théologie apophatique soufie rétablit l'honneur de l'islam et permet à tout croyant de prier Dieu dans l'unité de la conscience. Cela est si vrai que les soufis sont parfois assimilés à de crypto chrétiens.

    Enfin et surtout la théologie négative permet de réconcilier les juifs dans le peuple de Dieu. Les juifs, au début de leur histoire et au nom de la théologie négative n'osaient pas nommer Dieu afin de bien le distinguer des idoles. Hélas ensuite ils eurent la prétention de lui attribuer un peuple élu, le leur. Une erreur évitable selon la théologie négative. Ne pas nommer Dieu entraine  que l'on ne peut pas lui attribuer un peuple, ou alors il faut admettre que le seul peuple de Dieu est l'humanité toute entière.

    Bonnes lectures. 

    PS  Au nom de la théologie négative vous pouvez vous dispenser de lire l'ouvrage de 500 pages de Vladimir Losky sur "La théologie négative et la connaissance de Dieu chez Maître Eckart". A quoi bon en effet écrire un livre pour dire qu'il n'y a rien à dire.