
Les années 39 début 40 ont connu ce que l'on a appelé " la drôle de guerre". Elle opposa les Franco anglais aux Allemands avant que ces derniers ne rejettent les Anglais à la mer et écrasent les Français lors de leur offensive éclair de mai/ juin 1940. Cette drôle de guerre fut surtout une guerre de propagande tandis que rien ne se passait sur le terrain.
C'est la situation que nous avons aujourd'hui en Ukraine et au Moyen orient, rien ne bouge , rien de décisif ne se passe tandis que les médias inondent le monde de propagande guerrière dans chaque camp. Mais à quand l'offensisve et la vraie guerre ?
Probablement jamais car nous ne sommes pas en 1940 et aucun des camps n'a la volonté d'une offensive générale qui impliquerait des morts et surtout une prise de risques qui n'est plus dans l'air du temps. La guerre est de plus en plus rationalisée par l'IA et exclut les coups de poker à la Hitler.
Ni Poutine, ni Trump ne sont prêts à risquer quoi que ce soit. Déjà l'opinion américaine ne supporte pas la mort de quelques soldats aussi Trump ne peut prendre le risque d'envoyer des troupes au sol en Iran. De plus en tant qu'homme d'affaire il ne veut surtout pas d'd'une crise économique mondiale. Il est prisonnier de son électorat maga qui ne l'a pas élu pour ça.
De son côté Poutine ne tient son pouvoir que d'un récit militaro impérial qui cache la misère russe, il ne peut se permettre une mobilisation générale sans faire exploser la société russe et accentuer son déclin démographique mortifère.
Trump comme Poutine cherchent donc désespérément la porte de sortie mais ils ne la trouvent pas car la guerre leur échappe, elle est le produit de complexes militaro industriels auto alimentés qui ont besoin d'un spectacle permanent dont les politiciens ne sont que les acteurs sous contrat et de plus en plus incohérents . Ils sont en effet contraints de débiter un scénario ancien dont les paroles n'ont plus grand chose à voir avec les réalités de l'ère de l'IA et de la guerre électronique.
La vérité est qu'au delà de l'absurdité des discours politiques qui justifient la guerre c'est en fait le lobby mondial des industries d'armement qui paie le spectacle. Le réarmement général est un facteur d'innovation comme on le voit avec les drones et c'est aussi le grand moteur de la croissance désormais. L'Allemagne qui ne vend plus ses voitures s'est remise à produire des chars d'assaut en oubliant son pacifisme.
Comme l'a très bien vu le pape Léon XIV le monde s'habitue et normalise la guerre. Mais sa parole, comme toute parole éthique, n'est plus entendue car le développement de l'IA rationalise la morale et remplace peu à peu les humains par des robots. La guerre devient ainsi un simple processus d'obsolescence programmée des matériaux et des humains géré comme un scénario de spectacle par les médias et les politiques.
La guerre spectacle c'est mieux que l'apocalypse atomique bien sûr, mais cela ne nous conduit certainement pas vers cette civilisation de l'amour dont rêve le pape dans son Encyclique Magnifica Humanitas, consacrée à l'IA justement. Justement le pape visitera la France en septembre prochain, ce sera l'occasion de revenir sur le sujet dans une série de notes consacrées à l'IA et à l'Encyclique du pape.